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« Mémoires… » de Josue Mugisha

La ville de Bujumbura, après nous avoir révélé ses entrailles, nous invite à l’acte de nous rappeler des choses. De faire usage de nos capacités à pouvoir convoquer le passé et laisser croître en nous le bonheur de croire en une existence qui a du sens et en une évolution qui nous rempli de ferveur. L’acte dramatique de nous souvenir de nous même, revoir avec passion et émerveillement ce qu’on est devenu, ensemble.

Notre parcours figé en archives refuse de fondre dans notre peine de ne pouvoir faire autre chose qu’arroser les yeux du corps et ceux de l’âme qui, elle même, est devenue amnésique depuis qu’on l’a mal placée dans sa propre histoire.

On prend alors rendez-vous avec les mémoires pour que le pays se souvienne encore de ses doux rêves, de ses folies de jeunesse, du mal qu’il a eu à s’occuper de lui même, des larmes qui ont irriguées ses collines pendant qu’il négociait sa survie aux érudits les plus honorables. Il est important que nous y soyons présents, nous pauvres témoins de la fin joyeuse de la constipation historique qui a résisté à plusieurs intelligences, pour l’enterrer là où on avait enterré la vérité que le pays doit à ses enfants. C’est à dire dans l’oubli.

 

Sauvons nous de l’oubli. Tuons cet éléphant qui ne cesse de grossir en nous. Brisons ce tabou qui nous suce la conscience jusqu’à nous arracher la vie. Obéissons à l’appel à l’union pour défier le temps et oser le traverser sans réveiller les cochons, sans se faire violence. La culture de la parole doit renaître en nous, l’amour aussi. Cette rencontre avec nos traces et nos ombres est une occasion d’étendre notre souffle à ceux qui ne sont plus et à ceux qui se rappelleront de nous.

On a pas le temps
de se moquer du vent
quand l’amour qu’on met au monde
chasse la lourdeur des pénombres.
Ceux qui ont utilisé la mort
pour blesser les corps
ignoraient la grandeur
d’une vie qui a vaincu la peur.

Nous avons le devoir de rassurer le Burundi, que son destin se dessine dans la bravoure des âmes lucides, nous devons lui rassurer qu’il est porté dans les cœurs des survivants, qu’il ressemble toujours à ses mères et que ne pas se reconnaître face à son histoire est déjà une part de guérison. Tant que le lait de ses vaches n’est pas encore épuisé, il y a encore de l’espoir. On a pas encore tout dit, on a pas encore tout écrit. Les gardiens de l’honneur n’ont pas encore assez crié pour que les génies des rêves se réveillent et agissent.

La chronique de Audry Carmel

“Mémoires…” restera dans nos mémoires…

Buja (Bujumbura) s’attend à bouger au rythme du festival “Buja Sans Tabou”, dont l’édition 2022 débute au mois de février 2022. En attendant la semaine du 07 au 13 février, amusons-nous à répondre à cette question : comment serait ce rendez-vous biennale du théâtre au Burundi ? Rêvons !

Mai 2021, la troupe “Umunyinya” décide de faire une tournée. Du 13 au 23 mai 2021, “Ija-mbo” (le nom de la pièce que joue la troupe) sillonne le Burundi. Son auteur, Rivaldo Niyonizigiye à la fin de la tournée, lance ces mots si poétiques dans un article de Yaga :”Le théâtre n’est ni un cours d’histoire ni une leçon de morale, il a vocation de faire rêver “.

Si le théâtre “a vocation de faire rêver” comme l’a mentionné Rivaldo, moi je dirais qu’il a aussi vocation à faire fantasmer. Et il me semble que l’organisation du festival Buja Sans Tabou sait bien comment nous faire fantasmer autour de cette édition.

 

Une communication digne d’un chant de sirènes

” Tu arriveras d’abord chez les Sirènes, dont la voix charme tout homme qui vient vers elles. Si quelqu’un les approche sans être averti et les entend, jamais sa femme et ses petits enfants ne se réunissent près de lui et ne fêtent son retour; le chant harmonieux des Sirènes le captive.”

Cet extrait de l’Odyssée d’Homère peut illustrer un peu ce que la communication derrière le festival Buja Sans Tabou est en train de faire et heureusement pour le bien du public (contrairement aux sirènes qui mangeaient les marins).

Alors je vous entends murmurer :“Comment ça ? Sirènes et théâtre ? Existe-t-il un lien entre les deux ?”, et moi de vous répondre avec un grand oui !

Je m’explique : si vous suivez très bien les préparatifs de ce festival (sûrement que vous êtes même abonnés à leurs réseaux sociaux), vous avez déjà remarqué une série de photos de comédiens et comédiennes en train de préparer leurs pièces (une de ces photos ayant même été virale), ou suivre des formations, et des affiches qui ont sorties dernièrement. Un focus sur ces dernières s’impose : portant des titres énigmatiques tels que “Le roi est mort, vive la reine”, “Procès aux mémoires” et “Tuer le trône” ( et sûrement d’autres viendront) celles-ci font fantasmer n’importe quel amateur de théâtre. Effectivement, on peut dire qu’il y a une bande de sirènes derrière la communication du festival Buja Sans Tabou 😉

Rêvons !

Les yeux grands ouverts, les cœurs palpitants, les mains mouillées à cause de la chaleur presque en train de trembler : voici comment certains d’entre nous seront, le premier jour de la première présentation du festival Buja Sans Tabou de cette édition 2022. Sûrement, un comédien ou une comédienne viendra du public…ou pas. Qui sait ? Une voix retentira par-derrière, un comédien viendra en courant sur scène et tombera sur le sol devant les yeux ébahis des spectateurs ? Les scénarios sont multiples dans nos têtes.

Mais…attends ! Rêvons encore plus ! Comme dans “La tragédie du Roi Christophe” d’Aimé César, deux coqs en train de combattre débuteront la scène ? Bref, arrêtons-nous par ici, redescendons un peu sur Terre.

Rivaldo Niyonizigiye qu’on a cité en haut à part le fait qu’il soit un très talentueux comédien et auteur de pièce de théâtre, est blogueur. En 2020, il a écrit un article intitulé “Buja Sans Tabou 2020 : ça promet…” dans lequel il introduisait l’édition de l’année 2020 de ce festival et réellement, l’édition 2022 a tenu sa promesse. Et pour l’édition Buja Sans Tabou 2022 qu’on a décidé d’intituler “Mémoires…” , ne vous inquiétez pas chers théâtrophiles, elle sera plus magique et de surcroît, restera dans nos mémoires…

La chronique de Audry Carmel

“Nos routines” : un spectacle au suspens hitchcockien

Qu’est-ce qui fait la différence entre un beau et un piètre spectacle de danse ? La chorégraphie ? L’histoire ? Le choix de la musique ? Difficile de répondre. Mais il y a de ces spectacles qui laissent une trace indélébile en vous et “Nos routines” en fait partie. Mais comment ? Et surtout pourquoi ?

Le 29 avril 1980 dans le très chic quartier de Bel-Air à Los Angeles s’écroulait celui qui est considéré aujourd’hui comme le plus grand cinéaste ayant jamais existé. Alfred Hitchcock ou plutôt “Sir Alfred Hitchcock”, cinéaste anglais naturalisé américain; dans cette satanée journée du 29 Avril nous quitta en laissant un grand héritage au cinéma. Les plus cinéphiles vous diront que “Psycho” et “The Birds” sont parmi les plus des grands classiques du cinéma. Ces films se trouvant dans le cercle très fermé “des films à voir avant de mourir”.

Mais que vient faire le cinéma dans une chronique sur la danse ? Nous allons le voir, ils sont si proches qu’on ne le pense.

 

Garder le spectateur en suspens…

Derrière “Nos routines” se trouve Dieu-Merci Saïdi connu sous le sobriquet de@bopkingdm. Un danseur qui a été une fois cité dans dans une de nos chroniques. Cette fois-ci, encore, il a pu réunir plusieurs danseurs venus de différents groupes pour un spectacle d’une qualité exceptionnelle.

Tout a commencé comme un spectacle de danse normal. Des chorégraphies assez connu: Amapiano, de la street-dance, de la drill, etc. Un spectacle intéressant certes mais pas comme ce qui allait suivre.
Alors qu’on s’y attendait même pas, le spectacle a pris une autre dimension. Adieu les chorégraphies très subtiles, très connues. Et une histoire s’est dressée devant nous. Tout le monde qui était là à commencer à se concentrer sur le spectacle pour savoir ce qui va suivre. Et voilà, ils nous avaient déjà eu. Nous étions collé sur le spectacle de Dieu-Merci Saïdi comme devant un film d’horreur rempli de multiples suspens. Nous ne savions pas ce qui allait suivre. Le suspens était déjà installé. Et un ingrédient est venu s’ajouter : la musique.

 

Le choix de la musique

Ce qui fait un bon film, c’est les choix de la musique. Et pour un spectacle de danse, c’est la même chose. Un bon chorégraphe est aussi celui qui sait bien choisir sa musique. Dès qu’ils avaient capturé mon attention, j’ai commencé à m’intéresser au choix de la musique. C’est ainsi que j’ai eu le réflexe de chercher les titres des chansons qui étaient en train d’être jouer. J’ai ouvert Shazam et je notait. Il y avait “One Hundred Strings“, une chanson utilisée dans la bande annoncée d’un film Marvel “Marvel’Avangers: The Age of Ultron” , “Cloack and dagger” , une série aussi du studio Marvel, avec le même nom que la chanson, “Cloack and dagger” mais aussi “The game is afoot” qu’on retrouve dans la série produit par la BBC, “Sherlock Holmes”. N’ai-je pas dis en haut que le spectacle “Nos routines” était proche du cinéma 🙂 ?
Toutes ces chansons et d’autres que je n’ai pas énumérer ici ajoutaient du suspens au spectacle. Dans “Psycho” cité ci-haut de Hitchcock, il y a une scène, parmi les plus célèbres du cinéma (Mea Culpa, je vais vous spoiler celle-ci) dans laquelle une jeune femme est en train de prendre une douche. Une musique au fond fait écho. Celle-ci fait peur. En quelques secondes, la femme reçoit plusieurs coups de couteau sous une musique encore plus terrifiante. Le spectateur reste meduser. Mais c’est la découverte de l’identité du tueur de la jeune femme à la fin du film qui vous laisser réellement meduser.

Meduser par la fin de “Nos routines”

“Nos routines” c’est une histoire de viol. Une femme est violée. De ce viol, elle tombe enceinte et un enfant naquit. La femme est finalement accueillie par un autre homme qui décide de prendre soin de l’enfant, fruit d’un viol. Et on suit tout le déroulement de l’histoire sous nos yeux, ne sachant ce qui va exactement suivre. Les danseurs s’impliquent à nous transmettre une histoire. Une histoire triste. Un spectacle qui avait commencé sous les pas d’Amapiano et qui tourne au cauchemar. Nous, les spectateurs, nous restons meduser. Mais qu’est-ce qui vient de se passer sous nos yeux ? On ne s’y attendait pas. C’est presque un “Jump scare” (action qui se déroule dans un film, qui consiste à surprendre un spectateur avec un événement dont il ne s’attendait pas), dans un spectacle de danse.

Une anecdote de la soirée à mentionner. Pendant que “Nos routines” se déroulait sous nos yeux, une jeune femme pleurait. On découvre qu’elle a vécu une histoire similaire (elle le dit elle-même à la fin de la présentation); une histoire de viol. Comme quoi, on peut danser tout en dénonçant les vices de la société en même temps.

La chronique de Audry Carmel

Le théâtre pour exprimer l’horreur…

Maintes fois l’art nous a prouvé qu’il peut s’engager. S’engager pour une cause, parler pour les opprimés, devenir la bouche des sans voix, etc. “INVISIBLE en pleine lumière” a suivi la même tendance mais celle-ci s’est démarquée des autres !

Chronique d’une pièce de théâtre dont le talent et l’ingéniosité ont émerveillé et surtout touché le public.

La pièce de théâtre s’ouvre avec un monologue. Une jeune femme s’exprime. Apparemment, elle est heureuse. Et le public est stupéfait. Pourquoi ? Le thème de la pièce est “la traite des êtres humains”. Pourquoi voyons nous un sourire dès le début d’une pièce de théâtre qui est censée être triste ? Le secret (ou la réponse) se trouve dans la plume de l’auteur et encore,…

…la plume de Laura Sheilla Inangoma a créé une merveille !

Maintes fois , j’ai personnellement loué la plume de Laura Sheilla Inangoma. Non pas que cette femme écrit merveilleusement bien, mais qu’elle sait très bien comment faire sortir des émotions au public. Les pièces de Inangoma ont cette particularité : elles maîtrisent le public. Elles frappent là où on s’y attendait pas. Inangoma te transporte à travers ses pièces. Tu voyages entre le rire, l’euphorie, les larmes,… Regarder une pièce de Sheilla, c’est se soumettre à une torture émotionnelle… mais on en redemande toujours plus. C’est ce qui s’est passé, à la première présentation de “INVISIBLE en pleine lumière”. 

Nous suivons l’histoire d’une jeune femme, qui quitte les siens pour travailler dans les pays du Golfe. Tout ce qu’elle a vécu, nous le vivons, nous le ressentons,… Grâce à des comédiens qui ont émerveillé le public et surtout la jeune femme qui a joué le rôle principal.

L’émergence des nouveaux talents du théâtre burundais

 

“Dans 10 ans, le théâtre burundais viendra se ressourcer au Burundi“. Cette phrase de la très expérimentée, Odile Sankara, qu’elle a prononcé il y a quelques années quand elle était à Bujumbura est prophétique.

Lors de la première représentation de “INVISIBLE en pleine lumière” , nous avons été ébloui par le talent des comédiens. La jeune femme qui joue le rôle principale, Sherbanie Iradukunda   est  talentueuse. Quand il faut interpréter le rôle de la femme, esclave sexuelle dans les pays du Golfe, elle joue le rôle à merveille, et on a l’impression qu’elle ne joue pas, qu’elle a vécu cela. Elle ne joue pas un rôle, elle le vit. Olivier Hakizimana, un autre très jeune comédien détenteur d’un rôle dans cette pièce, quand il faut jouer un jeune homme maltraité, il y va avec toutes ses forces. Kenny Olegue Irumva, quand il faut jouer l’oppresseur, il interprète son rôle à merveille et l’expérimentée Kelly Charlène ne failli jamais à sa mission. Elle était superbe.

Le théâtre burundais est dans de bonnes mains, nous y reviendrons bientôt !

Autour de la pièce alors…

On n’a pas oublié de parler de la pièce. Mais si on veut vraiment comprendre cette pièce, il faut d’abord étudier l’auteur et les acteurs et cette tâche était obligatoire.

“INVISIBLE en pleine lumière” est une pièce qui a vu le jour grâce à l’initiative de l’Organisation Internationale de l’Immigration au Burundi. Dans leur campagne de sensibilisation, ils ont eu recours au théâtre. Pour parler d’une réalité, l’art est toujours là pour bien le faire. Heureusement même les  institutions l’ont compris. Le théâtre depuis longtemps et l’art en général, a toujours été un moyen pour exprimer une réalité que seuls les mots ne suffisent pas à décrire.

La traite humaine est un crime. Un crime contre l’être humain. Et pour sensibiliser contre cet “horrible”, le théâtre sait bien le faire.

Grâce au talent de Laura Sheila Inangoma, Sherbanie Iradukunda, Olivier Hakizimana, Kenny, Kelly; à la mise en scène et scénographie de Lyca Linca Mugisha  , la régie lumière de Davy Joël Ishimwe , la pièce de théâtre “INVISIBLE en pleine lumière” a été une réussite et elle est partie pour être un classique, et cela pour le bien de l’Humanité.

La chronique de Audry Carmel

“Corps confiné” ou quand la crise inspire…

Si les temps de crise sont un calvaire pour ceux qui sont touchés par celle-ci, ils sont aussi une source d’inspiration immense pour un artiste. Ainsi l’écrivain jette des mots sur un papier, le chanteur fredonne une mélodie, le danseur créé une chorégraphie,etc. Mais au-delà de l’œuvre, il y a aussi le soucis de l’artiste de raconter une expérience vécue pendant les temps de crise; Marc Le Grand et Young Treezy n’ont pas échappé à cette règle. Décryptage.

Le spectacle “Corps confiné” s’ouvre avec une sorte de rideau blanc où on ne voit que les reflets des deux jeunes danseurs derrière. C’est beau à voir. Ce qui captive encore le spectateur, c’est l’énergie des deux artistes. Il faut le dire, souvent, sur scène, certains performeurs n’arrivent pas à offrir l’énergie qu’il faut. Pourquoi ? Pourquoi Marc et Young Treezy ajoutent autant d’énergie dans leur spectacle ? La réponse se trouve peut-être dans la réalité de leur spectacle. En effet, “Corps confiné” est…

basé sur une histoire vraie.

2020 aura été l’une de ses années qui marquent l’Histoire de l’Humanité. Un virus venu du fin fond de la Chine a déferlé sur le monde comme les cavaliers Mongols de Gengis Khan. En une seule année, tout à changer, on a dû apprendre à vivre autrement. Plus de salutations, plus de bises, le confinement, le masque (aaah, ces sacrés masques) et les proches qui partaient sous nos yeux. 2020 a touché tout le monde, directement.

Le monde de l’art a été tellement secoué comme d’autres domaines aussi. Mais l’artiste a été touché plus profondément car contrairement à d’autres, il vit les évènements avec un autre regard. Il est un témoin de la société. Avec son talent, il est celui qui peut interpréter les évènements avec une touche “surhumaine”.

Marc et Young Treezy ne pouvaient plus performer. Les salles de spectacles étaient fermées, distanciation sociale l’obligait. Alors imagine un danseur obligé de ne plus performer devant un public ?

 

L’artiste, un témoin de l’histoire

Marc et Young Treezy avec “Confiné confiné” reviennent sur une année qui a particulièrement marqué les esprits. C’est avec une bonne chorégraphie que les deux jeunes danseurs interprètent les émotions vécues dans cette année de la Covid. Une scène m’a particulièrement marqué : il y a un moment où Marc et Young Treezy se roulent violemment par terre. La scène est d’une violence beau à voir. On ressent la douleur que les deux jeunes hommes ont vécu. Ils arrivent à partager leur frustration à travers leurs pas de danses. On voyage entre le mois de décembre où on découvre le virus inconnu, nous passons au premier confinement, aux milliers de morts à travers le monde, au moment où le vaccin apparaît,… Nous voyageons emotienellement. Marc et Young Treezy ont pu lier inspiration et frustration pour créer un spectacle qui marque les esprits.

 

Une énième fois de plus, l’art prouve encore qu’elle viendra toujours au secours de l’humanité. Que serions-nous sans les beaux textes d’Émile Zola, Honoré de Balzac, Luis-Ferdinand Céline, Ahmadou Kourouma, Roland Rugero, Sheila Inangoma,… Que serions-nous si l’art n’existait pas ?

La chronique de Audry Carmel

“Ngagara, quartier immatériel”, l’art de décrire le réel

Avec une touche artistiquement choisie, la fiction est une fresque qui retrace ce que la société n’arrive pas à déchiffrer à elle seule. Entre clichés et réalités, Laura Sheilla Inangoma comme une guide touristique nous fait découvrir le(s) Ngagara.

L’œuvre est tout simplement magnifique. On découvre un quartier vieux de plus de soixante ans. Pendant près de six décennies, Ngagara fait parti de l’Histoire de notre pays. Sauf qu’il n’existe pas un seul Ngagara mais des Ngagara(s). Et chaque Ngagara possède ses particularités, ses habitudes,… Est-ce que l’auteure n’a pas eu du mal à nous parler de tous ces dix quartiers ?

Photo Crédit: iamartmel

Le génie de l’auteure

Comment aborder l’histoire d’un quartier dont les clichés et les petites histoires font partis des croyances populaires de notre pays, le Burundi ? Comment parler dans une seule pièce de théâtre, dix quartiers sans tomber dans le piège du fanatisme ou des “on dit” ? C’est là où se trouve alors le génie de l’auteure. On ne se perd pas. Chaque comédien/comédienne sur scène interprète le rôle de l’un des quartiers (en effet, Ngagara était une commune de Bujumbura avant de devenir une zone aujourd’hui qui possède dix quartiers. Pour désigner ces derniers on utilise un chiffre, de un à dix).

Photo Crédit: iamartmel

Cédric Bahimpundu a pondu un superbe article sur Ngagara lors du Festival Buja Sans Tabou précédent, “Il faut le dire, il n’y a pas Ngagara mais des Ngagara. Grâce à la machine à remonter le temps de Inangoma, l’on découvre par exemple qu’il y un Ngagara « des frimeurs », là où l’on se la joue millionnaire en se permettant des mets exquis pour demander « un petit crédit de boîtes d’allumettes dès les premières dates d’après les vingt du mois ». Il y a Gomorrhe, sacrée Gomorrhe, comme le nom fait penser à un petit coin réputé pour ses petites parties jambes en l’air !Dans ce quartier où les aubergines seraient plus succulentes que la viande, quelques zones d’ombres. Ce dénominateur commun culinaire et un faible pour une bouteille le soir ne sont pas suffisants pour faire penser à un quartier à l’unité sans accrocs.” écrit-il.

Laura Sheilla Inangoma a su user de son génie pour parler d’un quartier dont la complexité augmente encore plus la fascination.

Photo Crédit: iamartmel

Le fond oui mais la forme surtout !

On juge une œuvre écrite en mettant l’accent sur son fond et surtout sa forme. L’auteure arrive à écrire une pièce de théâtre dont le fond est bien sûr à saluer mais la forme a droit à des acclamations.

Elle avait devant elle dix quartiers dont l’histoire et la réputation (bonne ou mauvaise) demandent un recul avant de commencer le processus de création. Il n’est pas du tout aisé de parler de Ngagara même les historiens redoutent cette tâche si risquée et complexe. Inangoma a osé et elle a réussi avec brio.

La forme de “Ngagara, quartier immatériel” est d’une créativité rarissime. Faire parler les quartiers, naviguer entre les clichés, l’histoire et les “on dit” demande un talent immense. C’est pourquoi la pièce de Laura Sheilla Inangoma nous fascine autant, elle décrit le “réel” avec du talent.

La Comédienne Odile Sankara venue donner une formation sur le Théâtre à Bujumbura aurait lancé cette phrase :” L’art est une porte ouverte, très facile à emprunter. Tout le monde vient. Mais très peu savent se poser les vraies questions, en y mettant de la forme. Si la forme n’accompagne pas le fond, on s’épuise très vite. La poésie protège l’art”. Inangoma a su se poser les vraies questions et a mis de la forme dans “Ngagara, quartier immatériel” pour afin décrire le réel poétiquement !

Les larmes de crocodile
La chronique de Audry Carmel

Les Larmes De Crocodile

“Les larmes de crocodile”, comme un tableau d’un maître…

Mi-chemin entre le théâtre et la danse, “Les larmes de crocodile” est un spectacle d’une esthétique et d’une virtuosité qui méritent une reconnaissance artistique. Principalement vu comme une œuvre engagée, il est rarement apprécié comme une œuvre d’art qu’on doit admirer tel un tableau d’un maître. Il faut le dire,”Les larmes de crocodile”, ce n’est pas un spectacle comme les autres. Décryptage.

Regarder “Les larmes de crocodile”, c’est comme observer un tableau de Sandro Botticelli, une fresque de Michel Ange ; c’est écouter “Le Requiem” de Mozart, c’est tout simplement admirer une œuvre d’art ! Et comme tout immense œuvre d’art, il présente sa part de complexité, ce qui d’ailleurs augmente son admiration. L’œuvre est engagée certes, et on pourrait revenir sur son apport pour la société mais je me permets d’aller au-delà du contexte social pour parler de la virtuosité de l’œuvre (ce qui n’est pas d’ailleurs facile).

“Le plus beau spectacle jamais observé à Bujumbura”

Linca Lyca, comédienne et chargée de l’administration au sein de Buja Sans Tabou considère “Les larmes de crocodile” comme “le plus beau spectacle jamais observé à Bujumbura” et il faut dire que la jeune femme en a vu beaucoup à Bujumbura. Ceci démontre l’admiration que même les artistes ont pour ce spectacle. En effet celui-ci présente ce quelque chose de plus que les philosophes et les grands critiques d’art se sont arrachés les cheveux depuis la nuit des temps en tentant d’expliquer : le beau.

Il serait difficile d’expliquer et de donner un aperçu de ce spectacle. D’abord, il réunit plusieurs styles de danses( danse contemporaine, street dance, danse traditionnelle,…), théâtre et même de l’humour et tout cela est bien coordonné ce qui laisse le spectateur dans un état de bonheur.

Oeuvre d’art ?

Quand on regarde “Les larmes de crocodile” nous sommes saisi par sa complexité mais en même temps par sa façon d’aborder des thèmes sociaux avec une grande aisance. C’est un spectacle complexe car il est un mélange de plusieurs arts mais on ne peut que se laisser guidé par les pas des danseurs car il est exécuté avec brio. On se laisse aller, admirant l’ingéniosité et l’esthétisme des danseurs et danseuses et surtout de la musique choisie pour les accompagner.

Et il faut qu’on mentionne la manière dont ce spectacle respecte bien les bases du Storytelling. Nous sommes embarqués dans une histoire bien racontée avec des hauts et des bas, des nœuds, des moments de suspens qui font ressortir en nous toutes sortes d’émotions.
On vit le spectacle : quand un des danseurs gifle un autre pour montrer un moment de violence, le spectateur est saisi par le réalisme de l’acte, lorsque les hommes se font transporter par leurs femmes (une des actes dans le spectacle qui sert à montrer le traitement inhumain que subit les femmes dans un foyer), nous sommes particulièrement saisi par la douleur que les jeunes femmes ressentent, etc.

L’écrivain et journaliste Burundais, Roland Rugero qui a écrit aussi sur ce spectacle mentionne le caractère artistique de celui-ci et surtout du rôle d’un artiste dans une société comme la nôtre:”Si l’artiste n’a pas de mot propre en kirundi pour le désigner, souligner sans ambiguïté dans l’entendement populaire la portée de son identité, comment est-il accueilli par la société burundaise ? Voit-elle en lui un vecteur de changement, un simple porteur de message, ou sommairement un bouillonnement d’hormones à ranger dans le folklorique? Dès lors, comment ne pas le suspecter de n’être autre chose que ce qu’il est avant tout, à savoir un « créateur »? De qui porte-t-il ce qu’il fait?”

Si aujourd’hui, nous arrivons à regarder “Les larmes de crocodile” avec des larmes sur le bout de nos yeux,c’est parce que derrière, il y a eu un “créateur”. Les artistes d’ Irivuga Art Company n’ont pas seulement créer un spectacle, ils ont créé une œuvre d’art, et qui va exister dans “Les Mémoires” pour une éternité comme un tableau d’un grand maître.

En dansant et en denoncant
La chronique de Audry Carmel

En dansant et en dénonçant !

Rythmes du corps, des mouvements et des pas coordonnés et une musique au fond pour accompagner un moment de transe, voici la grande image que l’on a de la danse. Mais au delà des pas bien maîtrisés par des danseurs en sueurs, la danse est aussi un moyen d’expression. Et comme tout art, la danse s’engage. Analyse.

Ce Vendredi le 25 Juin 2021, le Buja Sans Tabou accueillait dans ses enceintes, un spectacle de danse. “À ne pas avaler” est un concept de @bopkingdm accompagner par d’autres danseurs et danseuses et dans lequel il raconte une histoire et non pas par les mots, mais par des pas de danses. Avec lui, nous voyageons à travers une histoire d’amour entre un homme et une femme, qui devient un cauchemar pour cette dernière. Elle est battue, humiliée, insultée, terrorisée,… La pauvre dame ne trouve plus le courage de dénoncer son mari violent et sans cœur. On lui dit de ne pas “avaler” la violence qu’elle subit quotidiennement. Avec “À ne pas avaler”, le spectateur découvre une autre mission de la danse: dénoncer la violence.

La danse, un outil pour dénoncer le mal

Classée comme sixième art, la danse est un art de la scène. Contrairement aux autres arts, avec la danse c’est plus le corps qui parle. Avec des pas conçus par un chorégraphe selon l’émotion qu’il veut transmette, la danse apparaît comme un langage. À travers les mouvements, le danseur parle, il s’exprime, il parle, il crie, il dénonce, il s’indigne, il pleure et (fait pleurer),… Le danseur n’a pas besoin de mots, il n’a pas besoin de faire un discours contre les violences conjugales, contre le racisme, la guerre, etc. Il a simplement besoin d’un corps et de l’imagination pour afin exprimer par une chorégraphie, de l’émotion. C’est ainsi, par exemple, nous arrivons à lâcher une larme en voyant un danseur mimant un mouvement où il frappe quelqu’un.

L’essor de la danse (engagée) au Burundi ?

Il faut aussi qu’on arrive à nuancer la danse que l’on pratique ensemble pour s’amuser avec des amis en boite de nuit ou dans les fêtes et la danse professionnelle qui, elle, est utilisée pour exprimer une émotion ou donner un message aux spectateurs grâce à une chorégraphie bien choisie. Il y a quelques jours, nous avons assisté à Buja Sans Tabou, un spectacle d’Olisaint ,”Tragédie” , qui exprimait elle aussi une émotion vécue. “Les larmes du Crocodile” est un autre spectacle qui dénonce aussi les violences conjugales. Celui-ci est en tourné dans toutes les provinces du Burundi actuellement.
Aujourd’hui on remarque un essor de la danse au Burundi. De jeunes et talentueux chorégraphes émergent ici et là, et veulent s’exprimer et dénoncer les vices de la société.
Comme la musique, le slam, le théâtre, la photographie, l’art plastique,… la danse elle aussi, s’invite dans le combat. La danse veut démontrer qu’elle est un outil qui peut être utiliser pour changer la société.
Nous vivons dans une société qui présente beaucoup de défis, nous espérons que la danse saura apaiser nos maux et dénoncer ce que les mots, les mélodies, les écrits n’ont pas su bien dire(décrire).
Avec ce que nous sommes en train de de voir et de vivre actuellement, la danse au Burundi a un bel avenir !

 

La chronique de Audry Carmel

Quand le statut de la femme confronte le poids de la tradition

Malgré la pluie et le froid, deux prestigieux invités nous ont tenu au chaud. On a parlé de la femme et nous avons appris sur l’institution des Bashingantahe. Cette Rencontre sur “Mémoires” de ce Vendredi le 19 juin était une occasion de revenir sur/dans le passé, de l’interroger et de le confronter.

Permettez-moi de vous présenter les invités : Dr Christine Mbonyingingo, brillante universitaire, Présidente de l’Union des Femmes Burundaises et descendante de la Reine Ririkumutima (nous reviendrons sur ce point en dessous). Nous avons eu l’occasion d’avoir avec nous l’Ambassadeur Balthazar Habonimana, ancien Haut-Fonctionneur de l’État, il fut Gouverneur de la Province de Bujumbura, Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Ambassadeur Plénipotentiaire du Burundi à Rome et à Bruxelles, il est aussi Spécialiste des questions sur le genre. Il eut à occuper la Direction du Conseil des Bashingantahe au niveau national pendant douze ans.

Vous me demanderez peut-être pourquoi avoir mentionner presque le CV des invités ? Je vous répondrai qu’on ne pouvait pas trouver mieux pour le sujet qu’ils ont eu à décortiquer pour nous l’assemblé présente. D’ailleurs mentionnons ce sujet:”L’institution des Bashingantahe et la place de la femme dans la prise de décision”.

Et c’est quoi l’institution des Bashingantahe ?

Le Mushingantahe Habonimana Balthazar nous a parlé en long et en large ce que c’est l’institution des Bashingantahe. En peu de mots, selon lui :” Les Bashingantahe (singulier: Mushingantahe) sont des notables coutumiers investis au niveau de chaque colline. Traditionnellement, ils sont chargés de la gestion et la prévention des conflits.”

Mais il existait un hic dans cette institution. Aucune femme n’y était admise dans le Burundi ancien et il a fallu jusque en l’an 2002 pour pouvoir, après une longue délibération, accepter l’intégration des femmes. La tradition l’interdisait mais les hommes ont vu que la femme doit avoir la place dans n’importe quelle institution du pays. Était-ce une victoire des femmes sur le poids de la tradition ?

Peut-on confronter  la tradition ?

Avec Dr Christine Mbonyingingo, nous apprendrons que l’Union des Femmes Burundaises verra le jour en 1967 mais à l’époque coloniale aussi, des femmes avaient pris le devant pour défendre la cause de la femme. Elle raconte que des femmes ont prit la direction pour Gitega afin de demander au résident de l’époque Harroy, de leur accorder plus de place dans les affaires du pays. De ce fait, nous pouvons voir que les femmes ont toujours pris  en main leur destin avant même l’indépendance. 

D’ailleurs, la cause féminine au Burundi n’a pas vu le jour il y a quelques années. La Reine Ririkumutima qui était Régente a ordonné que le rôle de  Mujawibwami, une femme qui venait étant nue le jour de la fête des semailles (Umuganuro) pisser pour chasser les gens, soit supprimé. La Reine jugeait que cette tâche dégradait l’image de la femme.

Les traditions ne sont pas éternelles, elles changent et évoluent avec le temps. Si aujourd’hui, les femmes peuvent être des Bashingantahe (on les appelle des Bapfasoni), cela n’était pas le cas il y a une cinquantaine d’années, ça aurait été même un crime de lèse-majesté de leur laisser prendre partie dans les règlements des conflits.

Un pays qui reste sur ses traditions se meure, un pays qui ferme les portes aux femmes est voué à disparaitre. Sans les femmes on va nulle part, surtout pour la société burundaise où les femmes tiennent une grande place dans l’économie du pays. Il faut toujours confronter les traditions sans pour autant se précipiter, c’est un processus. Peut-être d’ici quelques années, nous verrons les femmes avoir le droit à l’héritage ?

La chronique de Audry Carmel

Tragédie d’Olisaint : danser pour panser une plaie

Pourtant j’étais avisé, une tragédie ne passe jamais sans heurter. Si le public a été heurté, moi je fus tout simplement bouleversé.

 

Tout le crédit va à Olisaint jeune professeur de danse à l’Ecole Française de Bujumbura. En effet, ce n’est pas souvent qu’on voit un spectacle réunir plusieurs groupes de danses autour d’un thème unique et il l’est surtout lorsque c’est un seul danseur qui, inspiré, invite des groupes de danses, à le rejoindre dans son aventure. 

N’est-ce pas ce bon Monsieur Robert qui donne la définition du mot “Tragédie” dans le monde du spectacle comme quoi :” Une tragédie, c’est une œuvre dramatique (surtout en vers), représentant des personnages illustres aux prises avec des conflits intérieurs et un destin exceptionnel et malheureux ; genre de ce type”?

 

J’étais alors avisé en avance avant d’arriver au siège de Buja Sans Tabou rien qu’en voyant le titre du spectacle. Je me rappelle qu’à l’école secondaire, notre cher professeur de français nous a appris que dans une tragédie, une ou plusieurs personnes meurent. L’exemple de “Le Cid” de Corneille reste dans ma tête. Cher Audifax, merci pour ces belles leçons sur la Littérature Française.

Quel plaisir de trouver que le thème était bien respecté. Le noir omniprésent sublimée par une scénographie conséquente et des notes musicales s’échappant de la régie pour accompagner la séquence. “Ainsi valse la vie” de Black M est resté dans ma tête, un titre qui contient des paroles tristes. 

Ce n’était pas un spectacle de joie, loin de là même.

En effet, Tragédie, c’est une histoire réelle. Une famille qui a fait face à un évènement malheureux. Une mère, sa fille et son petit-fils ont eu un accident. La mère n’a pas survécu. Le fils étant un élève d’Olisaint a eu sa jambe et son bras cassés. Se rendant à l’école pour donner son cours, Olisaint l’a croisé dans un fauteuil roulant et ce dernier a tenté de savoir ce qui s’était passé. C’est ainsi qu’il a su la “tragédie” qu’a vécu cette famille. 

Olisaint artiste dans l’âme est rentré chez lui, a vomis dans son agenda le spectacle, qui m’a ému, a fait couler mes larmes qui pourtant sont cachées au plus profond de moi. 

Tragédie, c’est aussi une histoire d’Olisaint. Comme pour se libérer d’un malheur qu’il porte en lui (j’ai eu une brève discussion avec lui à la fin), son spectacle était en quelque sorte une façon de se guérir et il ne connait pas une autre meilleure thérapie que la danse, l’art.

Tragédie, c’est aussi une histoire à moi ou presque. J.K , la fille qui a perdu sa mère et dont le fils a été gravement blessé, est une amie à moi. Je me rappelle que quelques semaines après “la tragédie” qui lui ai tombé dessus, je l’ai croisée avec son fils, qui était sur une chaise roulante. Nous avons discuté, j’ai demandé ce qui s’était passé et elle m’a en peu raconté le malheur. 

À la fin du spectacle, j’ai retrouvé J.K, chaleureuse et accueillante comme à son habitude. Nous discutons en peu et elle m’avoue que le spectacle d’Olisaint a été un remède pour elle. Elle me murmure :“De là où se trouve ma mère, je sais qu’elle a pleuré aussi.”

Comme quoi, l’art est un remède pour panser les plaies les plus profondes.

Tous les spectateurs qui étaient à la première de Tragédie se sont retrouvés dans le spectacle, dans l’histoire. Qui n’a pas fait face à une tragédie dans sa vie ? 

Tragédie à travers des pas de danses nous a parlé à nous tous. 

Mais Tragédie n’était pas qu’une histoire triste, c’était aussi un message d’espoir. Et ce duo de deux très jeunes rappeurs, qui a fait son texte m’a ému de par son talent mais aussi par le message qu’il a partagé. Je me rappelle de ce passage :“Ça ira…”

Tout ce qui se passe dans nos vies, les malheurs, douleurs, les tragédies, ça ira. 

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